31/01/2005

"Les yeux " de Silia

Le chemin se déroulait sous mes pieds

Et le paysage se découvrait sous mes yeux.

Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit

Aussi étais-je sorti

Les cheveux emmêlés

Et les yeux pas en face des trous…

Pas une seule âme qui vive à vue d’œil

Et pourtant un pressentiment me signale une présence.

Mon troisième œil doit me jouer des tours…

Se dresse alors, interrompant ma balade matinale

Un œil

Un seul œil

Œil qui menace comme un fusil chargé et braqué sur moi

Œil d’aigle qui vous transperce

Œil de loup qui vous surprend par cette noirceur,

Qui donne corps à tant de méchanceté

Œil de braise dont les ténèbres ont plus d’éclat qu’un éclair

Œil de chat, capable de retrouver sa route dans ces ténèbres obscures.

Mauvais œil qui me plonge et m’emporte avec lui dans le mal

Œil unique, œil de cyclope,

Cyclope plongeant son œil dans les miens…

Serais-je en train de rêver ? Serait-ce un cauchemar ?

Mais non…

Je n’arrive pas à détourner mes yeux

De cet œil qui me fixe sans ciller…

Le soleil qui se lève derrière moi

Et changement brutal !

Changement du cauchemar en rêve

L’œil fut alors le soleil de ce visage inconnu

Car jamais un œil ne verra le soleil

Sans lui devenir semblable.

Cet œil est-il soleil, miroir ou lui-même ?

Je ne sais pas.

Et je me perds dans cet œil qui fait la lumière.

Etait-ce un trompe-l’œil

Cet œil méchant, obscur et sauvage

Qui fit irruption sur mon chemin ?

Je n’en crois pas mes yeux, Quel changement !

Et je dévore des yeux

Cet œil unique.

Je suppose

Que celui qui a perdu un œil doit tenir à l’autre comme à la prunelle de ses yeux !

Cet œil solitaire

Ce jour-là m’ouvrit les yeux

Et me fit voir des choses de ce monde

Qui sautaient aux yeux

Et que je n’avais pas vu.

Juste les yeux dans les yeux

Il me fit voyager à l’œil, sans ces avions qui font du bruit

Sans ces touristes qui n’ont pas les yeux dans leurs poches…

Tout ce qui crevait les yeux

Mais que je ne voyais pas

Il me les fit découvrir,

Seul œil il avait vu plus que deux.

En un clin d’œil je visitais les antres de ce monde,

Ces pauvres gens se jetant les yeux fermés tous joyeux

Dans la terrible aventure de la vie

Qui les engloutit.

La vie qui a les yeux plus grands que le ventre.

Ces autres gens qui n’ont pas froid aux yeux

Et qui pour mieux tout extorquer à ceux qui n’ont rien

Leur jettent de la poudre aux yeux

Se battant l’œil de la misère de leurs victimes

L’œil unique fit apparaître

Ces amants qui se regardent dans le blanc des yeux

En s’ennuyant sur un banc public,

Ces pervers qui se rincent l’œil

En regardant une jeune fille marcher,

Ces maris qui partent pour leur travail

Et loin des yeux, loin du cœur,

Ils oublient leurs femmes,

Font de l’œil aux serveuses des bars.

Et ces fanatiques,

Qui se provoquant en duel d’un coup d’œil

Entraînent dans la mort tant de personnes

Au lieu de se battre entre quat’z yeux

Ces gens qui rêvent, qui aiment le monde

Et qui se mettent le doigt dans l’œil

Ce monde, tous l’aiment

Mais ce monde tourne de l’œil

Il fâne, il est en décomposition

Et toutes ces six milliards d’âmes

Se voilent la face

Il faut aussi leur ouvrir les yeux…

Et c’est la larme à l’œil

Que celui qui m’a fait voyager, celui à l’œil solitaire se détourne et me dit

Qu’à force de pleurer pour le monde

Il avait perdu un oeil et qu’il allait bientôt perdre celui-ci

Que c’était à moi de prendre la relève

D’essayer de pleurer assez pour noyer les horreurs du monde.

Je ne sais pourquoi, mais ce jour là,

J’ai accepté de prendre la relève.

 


19:57 Écrit par untel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Yehhhhhhh !!!! Il est revenu ...je l'espérais ...!!!Bon ... heuuu...djjjuuuu ... j'vais caser où dans le planning la re-lecture .... ben oui .... c'est que ce Monsieur ...faut relire hein !!!! C'est comme dans tout , j'pense .... quand on sait tout prendre du premier coup ...c'est qu'il y avait pas grand chose ! Super content ...en tout cas !!!!

Écrit par : just-de-passage | 31/01/2005

c'est beau ça ;)

Écrit par : imagine | 02/02/2005

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