20/01/2005

Autoportrait

 

 

 

On peut blasphémer. Facile.

D’ailleurs, je le fais parfois.

Bon. Mais à force d’insulter un dieu en lequel on ne croit pas, on fatigue.

Et je suis très fatigué.

 

On peut s’en prendre à l’Homme. Aux autres, quoi.

D’ailleurs, je le fais parfois.

Bon. Mais cette humanité que j’accuse de tous les maux, j’en fais partie.

Et je ne suis pas masochiste.

 

On peut pleurer.

D’ailleurs, je le fais parfois.

Bon. Mais une fois qu’on a versé toutes les larmes de son corps, on se retrouve aussi con qu’avant, enfin, un peu plus même, alors on range son mouchoir, et on s’en va manger une pizza, ou boire un café, ou torcher une bouteille de whisky, enfin on va se consoler quoi…

 

On peut rire. D’ailleurs, je le fais parfois. Si, si ! Et puisque c’est paraît-il le propre de l’homme, pourquoi se gêner, hein ? Bon. Mais à trop rire on finit par pleurer, et pleurer… j’en ai déjà parlé.

 

On peut aimer.

D’ailleurs, je le fis, jadis.

Bon. Mais l’amour m’a claqué la porte au nez, et c’est comme dieu : je n’y crois plus depuis longtemps.

 

On peut haïr,

D’ailleurs je le fis autrefois.

Bon. Mais haïr, c’est comme aimer, ça détruit le cœur et l’âme.

Il faut être doué pour aimer comme pour haïr.

Je ne le suis pas.

 

On peut mourir.

D’ailleurs, je suis mort déjà une fois.

Enfin presque. Bon.

Mais la mort ça pue, et puis, qui peut me garantir qu’après il n’y a rien ?

Car je peux me tromper : Dieu existe peut-être.

Et j’aurais l’air de quoi, moi, devant lui, avec tous mes blasphèmes ?

 

On peut vivre.

D’ailleurs, je le fais.

Enfin, je fais semblant. Bon.

Ça marche pas mal, je trompe mon monde en général… et même, si vous posez votre oreille sur mon cœur, vous l’entendrez battre.

Je joue bien la vie, non ?

Mais ça n’est qu’un jeu…

 

On peut se taire...

D’ailleurs, c’est ce que je vais faire.

Se taire, c’est au fond la plus belle façon de dire qu’on n’existe pas.

Le silence, c’est le langage des ombres. Et je suis une ombre.

Je ne suis que ce que je suis.

 

En espagnol, homme se dit hombre.



21:19 Écrit par untel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

:) dis untel cette question m'a tjs tarabustée : qui es-tu ?

maintenant je m'y suis reconnue dans ton texte j'm bcp et meme j'ai ri ici : si vous posez votre oreille sur mon cœur, vous l’entendrez battre.

Je joue bien la vie, non ?

bises
ah et si tu veux viens là http://mots-dire.forumactif.com/index.forum

Écrit par : imagine | 20/01/2005

superbe imagen n'empeche la precedente aussi :)

Écrit par : imagine | 20/01/2005

... je suis attristé de lire cela ... parce que ça ne dois pas être folichon au jour le jour. Cette description est mon opposée complète. Je suis un optimiste à tendances utopistes ... moi je crois qu'il faut toujours y croire mais c'est juste un avis

Écrit par : Mateusz | 21/01/2005

Mateusz Personne ici n'y croit plus
Mais bon
Ca n'empeche ;)

Écrit par : imagine | 21/01/2005

Croire en quoi,... après cela... Elle n'avait que deux ans
Elle était pleine de vie
Elle était charmante
Pour elle j'aurais donné toutes mes patries

On aurait pu croire qu'elle dormait
Elle avait les paupières closent
On aurait pu croire qu'elle rêvait
A tout un tas de choses

Elle avait le visage détendu
Un visage calme et paisible
De son pyjama elle était vêtue
Je la regardais, impassible

Ces cheveux etaient défaits
Ils étaient fins et blonds
Comme les blés de juillet
Mon dieu qu'elle sentait bon

Plus rien ne bougeait
Même pas le souffle de sa respiration
De sa tête s'écoulait
Le sang de son extinction

Je me suis assise à ces côtés
Dans mes bras, je l'ai serrée
Et tout en lui disant que je l'aimais
Je me suis mis à pleurer

Écrit par : p'tite fille | 21/01/2005

hoooo :o) "Il" est relààà :o)
Vraiment heureuse de te lire à nouveau.... Si, si !!!

" haïr, c’est comme aimer" sauf qu'on arrête jamais d'aimer, ^même pour haïr...

bizz

Écrit par : Val | 22/01/2005

wow Bonjour
J'ai été très flatté de voir ce texte qui est à moi sur votre site (posté le 07/11). De plus, vous me citez ce qui est très rare! Peut-être qu'on se connait??? Contactez-moi!! J'en serais très content


Il aura fallu des nuits d’ébauches

Pour dessiner ton sourire

Et tes yeux rieurs pour de rire

J’effaçais et je recommençais

Je voulais que ce soit parfait

J’effaçais et je recommençais

Je voulais que ce soit parfait

J’épinglerai ta silhouette au mur

Comme un rêve que j’aurai à l’usure

Des rêves que rien ne fauche.



Il aura fallu salir

Il aura fallu un mur

A saigner ses maux.



Il aura fallu des nuits d’ébauches

Pour colorer ton absence

Combler de musique le silence

A écouter notre chanson qui erre

Son refrain raisonne dans l’air

Notre chanson d’amour enserre

Un refrain qui raisonne dans l’air

J’épinglerai chaque mot à mon cœur

Broderai mon amour tel un acuponcteur

Un amour que rien ne fauche.



Il aura fallu apprendre

Il aura fallu par cœur

A vivre seul.



Il aura fallu des nuits de débauche

A vouloir revivre l’extase

Les gémissements pleins d’emphase

Ces milliers de va-et-vient

A désirer ton corps sous le mien

Ton image s’en va puis revient

A désirer ton corps sous le mien

J’épinglerai nos nuits magiques au soleil

De fantasmes assouvis durant mon sommeil

Des fantasmes que rien ne fauche.



Il aura fallu atteindre

Il aura fallu le soleil

A faire l’amour.

Écrit par : lipe | 23/01/2005

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