26/12/2004

Veillée de Noël ...

 
 

Les bûches terminent de se consumer dans la cheminée. Quelques ombres rougeoyantes qui veillent comme des sémaphores dans la salle à manger obscurcie.

Les effluves de crustacés baignés d’iode, de viandes rôties, de fromages affinés se mélangent aux saveurs sucrées du gâteau parfumé au chocolat… Senteurs écœurantes et refroidies qui rappellent un repas Gargantuesque à peine englouti. Au loin, j’entends des basses qui résonnent…Il y en a qui dansent encore…Ils ont dû retenir le père Noël…Je le savais, on aurait dû lui proposer de nourrir ses rennes, il serait peut être resté ! Je souris de cette fête qui se poursuit au détour d’un autre couloir, comme j’erre autour des papiers froissés, des boîtes avachies, amoncellements de brillants désargentés au milieu de la nuit.

 

J’entend, au loin, le souffle des enfants endormi, derniers trésors de cet après minuit, seuls acteurs de cette féerie. Ils dorment, en marche aux pays des châteaux de leurs rêves, et construisent des biographies peuplées de tous les héros. Un vrai petit homme, déjà, une réelle princesse funambule au pays des jouets. Demain, au petit matin, encore fébrile de l’émerveillement de la nuit, encore impatient, encore plus vivant, ils se lèveront ensoleillé des lumières de Noël. Comme le petit diablotin sort de sa boîte en ressorts, ils bondiront pour retrouver les héros de leurs imaginations, et tous les trésors encore éparpillés.

 

Je revois à l’ombre de cette table encore maculée, les regards, au hasard, d’une famille, pour une fois réunie. Elle se tient, ici, ensemble, dans l’engloutissement de toutes les gourmandises, dans les discussions de surfaces, odes au collectif des apparences. On se voit une fois, rite du repas, rite du commun. On ne se connaît pas. Normal, on est de la même famille…. Les sujets Humains dérangent. Et bien oui, si on parle trop fort, alors, on va aborder la querelle de tonton Jean, et alors…. Non ! Parlons de nos prochaines vacances, de la nouvelle voiture, du dernier match de foot…Enfin un petit résumé à l’eau de rose d’une semaine de Poivre d’Arvor matinée de pages météo et entrecoupée de quelques pages publicitaires. On dira que je suis cynique, élitiste…Sans doute. Absent, de ça, de ces débats là…

 

La bûche dans la cheminée craque ses dernières cartouches. La lumière virevolte ses derniers éclats…et je me prépare, sage et droit dans mon fauteuil. Les yeux grands ouverts et l’esprit embrumé, je veillerai sur la maison endormie, jusqu’au bout de la nuit.


00:18 Écrit par untel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Dur, dur, ... les fêtes de Noël ...

Écrit par : Mateusz | 26/12/2004

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