26/10/2004

Pourquoi, aurais-tu su?

 

           Tu n’as pas su…

Qu’au fil des jours, au long des soirs,

Lorsqu’il est seul, le temps s’enlise

Dans le silence des trottoirs,

Sur les yeux des façades grises.

 

           Tu n’as pas su…

Combien les rues et ses passants

Semblaient n’avoir aucun visage,

De simples corps séchés de sang,

Crevés de vie, fatigués d’age.

 

          Tu n’as pas su…

Qu’il n’est qu’un lieu pour espérer,

Un toit feutré, une herbe sage,

Où il fait bon se retirer,

C’est la blancheur de cette page.

 

          Tu n’as pas su…

C’était trop loin. Sans sourciller,

J’avais perdu ma seule rose

Ne sachant à qui me confier,

Ainsi la vie se décompose.

 

          Tu n’as pas su…

Que le profond de l’océan

N’a pour l’amour aucun scrupule

Et disparaît en ce néant

L’âme éthérée du crépuscule.

 

          Si tu savais…

Ce qu’est le mot qu’on attend plus,

Ce qu’est le vide qui s’allonge,

Être quitté sans un salut,

Si tu savais le temps qui ronge…




20:38 Écrit par untel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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